L’importance pour un athlète d’avoir un haut niveau de communication

Si la communication est l’échange d’idées entre deux individus, alors tout peut être obtenu par la communication. Toni Peticca

N’y allons pas par quatre chemins ! La communication est l’essence même de la vie. Il se pourrait même que ce soit son principal carburant. Tant que nous pouvons communiquer, nous sommes en vie. Un mort ne communique plus.

Nous utilisons principalement la communication pour parvenir à atteindre nos objectifs dans la vie. Dès lors que vous échangez avec quelqu’un ou quelque chose, vous cherchez à communiquer. Qu’échange-t-on ? Des mots, des idées, des points de vue, des regards, des émotions, etc. Deux athlètes s’échangeant un ballon communiquent, des spectateurs regardant un match de football communiquent, une équipe communique avec l’équipe adverse même si elle met tout en œuvre pour gagner.

Un joueur communique avec tout son environnement. Pour pouvoir marquer un but, il doit pouvoir : maîtriser son corps, observer la position de ses coéquipiers et de ses adversaires, maîtriser les différentes forces physiques, maîtriser ses émotions, maîtriser l’espace, pour ne citer que ces qualités. Une parfaite communication avec son environnement et avec lui-même sont des gages de réussite.

Les athlètes qui réussissent leur carrière sont ceux qui ont une qualité de communication élevée. Toni Peticca

LES DOMAINES DE COMMUNICATION DANS LESQUELS L’ATHLÈTE DOIT EXCELLER

Un athlète, s’il est bon physiquement et techniquement, attire toutes les attentions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises d’ailleurs. Il est l’acteur principal, malgré lui, de plusieurs domaines dans un même laps de temps, selon qu’il pratique un sport d’équipe ou individuel.

  1. La communication avec ses coéquipiers. Une équipe compte une série de joueurs. Certains seront titulaires alors que d’autres, remplaçants. C’est bien connu, une bonne ambiance dans le vestiaire, c’est déjà un pied sur les marches du podium. Notre athlète doit avoir une très bonne communication avec ses coéquipiers. C’est essentiel pour lui, car cela lui permettra, durant le match, d’exister à leurs yeux, d’être considéré, d’être visible, d’être apprécié, d’être sollicité. Si un athlète n’est pas parvenu à se faire accepter par ses coéquipiers, alors il n’existera pas à leurs yeux, « il ne sera pas sur le terrain ». Il en est de même avec le staff technique (coach, préparateur physique, etc.). Une très bonne communication avec les membres de son équipe est essentielle à la réussite de votre équipe et à la vôtre.

2. La communication avec l’adversaire. Il fait face à une opposition directe. Tous les adversaires feront tout ce qu’ils peuvent pour le stopper, qu’il évolue dans un sport individuel ou collectif. Les qualités de la communication requises pour se donner toutes les chances de réussite sont les suivantes : on échange avec eux des regards, des contacts physiques, des émotions et des mots parfois. Une bonne communication, qu’elle soit physique ou non, serait composée de respect, d’attention, de fermeté, d’émotions positives, d’assertivité, de bienveillance et d’assurance. Si vous les respectez, ils vous respecteront.

3. La communication avec les arbitres. Tous les sports suivent des règles qui sont animées par des arbitres. Cette fonction est tenue par un être humain dont on attend de la justesse, de l’objectivité, de l’impartialité. Ce sont à mes yeux des athlètes aussi qui vivent les mêmes contraintes que les joueurs. Un arbitre, qui encore une fois est un être humain, est amené à émettre tout une série de jugements sur un athlète. Avoir une bonne communication avec lui est essentiel pour pouvoir aisément exprimer son jeu. Ce n’est pas un adversaire, mais la qualité de communication à démontrer est sensiblement la même que celle avec un adversaire : respect, attention, émotions positives, assertivité, bienveillance, calme, obéissance et respect des règles.

4. La communication avec l’espace de jeu. Voilà un domaine qui nous invite à nous poser la question suivante : que vient faire le sujet de la communication dans l’espace de jeu ?

Pourtant, un athlète doit se sentir à l’aise dans un environnement pour pouvoir pleinement exploiter ses aptitudes. La communication avec l’espace de jeu est déterminante pour cela. S’il se sent à l’aise, il réussira plus facilement. Sinon, il devra utiliser plus d’efforts et donc sera moins efficace. Comme pour un acteur ou un orateur professionnel, il est recommandé à l’athlète, lorsque c’est possible, de fouler l’espace de jeu, de s’approprier les moindres recoins et de s’imprégner de l’espace, de son espace.

Nous avons aussi les tribunes et plus particulièrement les supporters. Les vrais supporters aiment le beau jeu ; ils aiment les choses esthétiques et un exploit technique ou un record battu est très esthétique. La meilleure façon d’installer une bonne communication avec les supporters consiste à donner le meilleur de soi-même et de démontrer un beau jeu d’athlète. Le meilleur moyen d’y parvenir consiste à démontrer du respect, de l’attention (ils existent, ils ont payé leur place, ils vous donnent de l’attention), de la sincérité, du courage, de la ténacité, de la beauté de jeu, des regards et des émotions positives.

5. La communication avec le matériel de jeu. Tous les athlètes utilisent des matériaux relatifs à leur sport. Le décathlonien utilise des chaussures, une piste, des espaces, etc. Un footballeur évolue dans un stade, avec sa tenue et le ballon. Pour compléter le sujet des matériaux, nous y classons aussi le corps de l’athlète qui, en y réfléchissant bien, est aussi un matériel pour pratiquer son sport. Une très bonne communication avec ces matériaux mettra l’athlète dans les meilleures dispositions pour pleinement exploiter ses aptitudes et remporter des victoires. Comment développer le niveau de communication avec ces matériaux ?

Commençons par le corps de l’athlète. Le corps étant un outil de premier ordre, comment être en bonne communication avec lui ? Tout d’abord, la nutrition et l’on confiera cette discipline aux spécialistes. Que ton alimentation soit ta meilleure médecine ! Hippocrate. Gérer les efforts et les repos. Idem, nous confierons cela au préparateur sportif. Toutefois, nous pouvons apporter quelques conseils en dehors des heures de sport. Bien qu’un jeune corps soit en pleine capacité de ses moyens, un athlète peut être tenté de l’exploiter au-delà de ses limites. Par exemple, faire la fête et danser jusqu’à point d’heure la veille d’un match. Cela aura une incidence ou pas sur la compétition du lendemain ; en revanche, ce qui est certain, c’est que cela en aura pour un peu plus tard, généralement après 25 ans. Qui veut aller loin ménage sa monture. Un corps fatigué ou un corps que l’on a drogué avec des « substances douces » prédispose l’athlète aux contre-performances et surtout aux blessures. Donc, prendre soin de son corps, c’est prédisposer l’athlète aux victoires et au succès. Prenons un joueur de football. Il faut de sacrées aptitudes pour pouvoir maîtriser ce ballon et pouvoir l’envoyer où l’on veut vraiment. Ayez une bonne communication avec le ballon, votre corps et tous les autres domaines précédemment vus !

6. La communication avec les médias. Les réseaux sociaux, la presse, les journalistes, les supporters, sont omniprésents dans l’environnement d’un athlète. Vous êtes au cœur de toutes les attentions. Tantôt adulé, tantôt descendu en flammes, un athlète doit être extrêmement vigilant vis-à-vis de son image, de ses commentaires, de ses attitudes, de ses comportements, sans quoi il deviendra très vite l’acteur principal d’un film dramatique.

Prenons les journalistes. Cela doit faire partie de leur apprentissage, car la majorité d’entre eux agissent selon l’adage : un article à sensation fait vendre. À la lecture de certains journaux, je dirais même que, dans leur cursus, il doit y avoir un principe du genre : plus il y a de sang, de morts et de catastrophes, plus l’article se vendra. À les lire, il n’y a que de mauvaises nouvelles dans le monde entier. Les journalistes sont des individus spéciaux. Dans le monde du sport, leur fonctionnement suit le schéma suivant :

  • Identifier une pépite, un haut potentiel

  • Rédiger des articles élogieux et encenser l’athlète durant une période plus ou moins longue

  • Dès que l’occasion se présente, comme de mauvais résultats, des échecs, etc., trouver une situation permettant d’écrire un article à sensation.

Que l’article heurte, blesse ou détruise la réputation de l’athlète ou de son entourage ne fait pas partie de la réflexion de notre journaliste.

Tous les points forts et les points faibles d’un athlète sont scrutés, analysés et rangés dans des casiers afin de pouvoir être exploités le moment opportun. Des bases de données colossales sont créées et, au moindre faux pas, crac ! Vous le savez, ils le savent, nous le savons tous.

Pourtant, encore aujourd’hui, de nombreux athlètes se laissent prendre au piège.

La meilleure façon d’être en bonne communication avec les médias, quels qu’ils soient, consiste à suivre quelques règles :

  • Décidez quelle image vous souhaitez communiquer et agissez de la sorte sur le terrain de sport comme en dehors.

  • Gardez une ligne de conduite en phase avec l’image que vous souhaitez véhiculer.

  • Soyez en toute circonstance calme et respectueux, même si votre interlocuteur ne l’est pas et cherche à vous déstabiliser (c’est lui qui a un problème, pas vous, et cela se voit).

  • Lorsqu’on vous pose une question, vous avez le droit de prendre le temps d’y répondre. Une question comporte toujours un fond et une forme. Si vous suspectez un fond ou une forme suspicieux, vous avez le droit de lui demander : « précisez votre question, svp. Que voulez-vous dire par … ? »

  • Lors d’une victoire, mettez toujours l’équipe en avant (coéquipiers et membres du staff). C’est en partie grâce à elle que vous pouvez vous épanouir et accomplir des exploits. Seul, aucun athlète ne peut réussir quoi que ce soit.

  • Assumez vos décisions et vos actes, même si on vous a poussé à agir de la sorte. Vous avez malgré tout accepté.

  • Respectez votre coach, même s’il vous paraît mauvais ou animé de mauvaises intentions. Considérez cela comme un moyen de vous distraire de vos objectifs. Ne tombez pas dans le panneau et restez sur votre ligne de conduite, votre image. Avec le temps, les choses se mettent en ordre tout naturellement.

  • Démontrez de la patience.

  • Réalisez que l’un de vos boss, c’est le public. C’est lui qui contribue à faire vivre votre discipline sportive.

  • Si vous avez le sentiment d’être le meilleur, c’est très bien, mais cela n’exclut pas le fait de respecter les autres.

  • Si vous trébuchez, apprenez de cette chute pour repartir. Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. Nelson Mandela

  • Soyez digne de confiance. Si vous dites ce que vous allez faire, faites-le !

  • Ne vous embarquez pas dans des discours sur des sujets délicats que vous ne maîtrisez pas. Les gens vous apprécient pour ce que vous faites à travers le sport. Gardez vos opinions politiques, médicales, religieuses, ou tout autre sujet, pour vous.

La liste n’est pas exhaustive ; néanmoins, elle devrait aider l’athlète et son environnement à bien lancer sa carrière sportive.

Pour prendre plaisir à un jeu, il est nécessaire de pleinement en connaître les règles.

Les compétences requises pour embrasser une carrière professionnelle sportive dépassent les aptitudes techniques et physiques. Bien qu’il soit préférable qu’un athlète s’entoure de professionnels dans tous les domaines de la vie, il n’en demeure pas moins qu’il devrait acquérir, lui-même, ces connaissances utiles et certaines compétences. Le coach mental doit être en mesure de pouvoir l’accompagner et l’aider à prendre pleinement conscience de l’impact de ses décisions sur sa carrière, sa vie et son environnement.

7. La communication avec soi-même. Nous avons gardé le meilleur pour la fin. Tous les athlètes observent des moments de grâce et des périodes où cela ne fonctionne pas comme prévu. Connais-toi toi-même. Socrate

Être en bonne communication avec soi-même signifie que l’athlète se connait bien, qu’il s’apprécie plus qu’il ne cherche à se freiner ou se saboter. Il saurait faire la différence entre ce qui lui appartient vraiment, ce qu’il a statué pour lui et ce qui a été ajouté, recommandé, imposé, forcé en lui.

Un individu a de nombreux comportements, de nombreuses attitudes, « identités ». Je suis mon plus grand adversaire. Je me bats régulièrement contre moi-même et souvent je gagne. Toni Peticca

De tous vos adversaires, les plus redoutables sont certainement ces entités en vous qui n’ont cessé de vous faire douter de vous, de vous ralentir, de vous effrayer et de vous diminuer.

Cela nécessite une très grande force mentale pour parvenir à maîtriser le « côté obscur » de sa force. C’est la raison d’être du coaching mental qui aide l’athlète à développer sa communication avec lui-même afin d’asseoir ses certitudes, sa confiance en lui et ses aptitudes physiques et mentales.

Article publié le 15/09/2024

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L'auteur de cet article : Toni Peticca

Toni Peticca est à la tête de la société Expansion Way, une entreprise qui s’illustre par son expertise dans l’accompagnement des athlètes et des entreprises dans leur quête d’efficacité. En tant que coach, formateur et consultant, il s’est forgé une solide réputation, façonnée par une connaissance approfondie du monde de la vente, de la communication, du management et du leadership. Son parcours, teinté d’une riche expérience de plus de 30 ans, constitue un atout précieux qui lui permet d’accompagner efficacement les cadres, les athlètes et les collaborateurs dans l’atteinte de leurs objectifs. Sa philosophie repose sur deux principes fondamentaux. Le premier affirme que pour se libérer de ses limitations personnelles, il est essentiel de prendre la décision de surmonter ses propres freins. Le second principe met en lumière le pouvoir de la communication. Selon lui, si la communication est l’échange d’idées ou de points de vue entre individus alors tout peut être atteint avec la communication.